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La FABOYARDE : la nouvelle voie à faire autour de Chambéry !
Ouverture de la FABOYARDE, en mémoire à Fab’, passionné de montagne, de wilderness et de la vie. Une future classique autour de Chambéry ? A vous de juger ! Récit...
Pour le topo et l’accès, consultez l’article dédié !
(par Fred Bermano)Depuis le temps que je regardais en voiture la tête de la savoyarde, je me suis toujours dit que ce serait bien qu’il y ait une voie là dedans.
 La Savoyarde
Un WE mitigé j’avais proposé à Fab d’aller voir dans la Savoyarde avec tout le fourbi d’ouverture.
Je me revois encore lui dire "et puis même si c’est du mauvais rocher, apparemment personne n’a fait de voie là dedans, et ce serait bien, et puis si on pouvait faire relais sur le nez... et puis y doit y avoir de l’ambiance au dessus du surplomb ..." Et lui les yeux brillants "personne n’est jamais allé la dedans ?" "heu non j’crois pas, enfin rien sur les topos ..."
On avait décidé d’accéder au pied de la vire par le col à gauche de la tête. Et nous voilà à faire les sangliers lourdement lestés, à quatre pattes dans les buis serrés ,si serrés qu’au bout de 2 heures de raz motte dans la boue pour 200 mètres de distance on abandonne pour ce coup ci et on regagne le sentier du haut en sortant par le roc de tormery, 80 mètres pourris et 3 goujons laissés.
Le prochain coup, on tentera par le sommet de la tête ... Je croise Fab à Chambéry. Il me dit qu’il est retourné se balader à la savoyarde et qu’il a trouvé un accès correct moyennant quelques bouts de corde laissés ça et là. Fred :"et tu es arrivé au pied de la vire ?" Fab : "ouais" Fred :" et le rocher alors ?" Fab, les yeux brillants et le sourire en coin "ça a l’air bon, y’a un truc à faire là bas...enfin vu comme ça ... on y retourne dès que mon talon va mieux ..."
Août 2003, je retourne seul à la savoyarde pour essayer de repérer et baliser l’itinéraire qu’avait trouvé Fab. Choux blancs ce jour là malgré un rappel posé. Mais par ou était passé Fab ?
 Fred à l’ouverture de L2 (Ph H Delannoy)
Thierry minois (titi mine) se propose pour y retourner avec moi et commencer à faire l’accès muni de coupe-coupe. Après 1 rappel et 4 heures d’efforts et de recherche, on ne retrouve pas par ou est passé Fab, mais on a fait une véritable tranchée dans les buis pour accéder à gauche de la tête et poser 2 autres rappels. Je descends sur la corde jusqu’au niveau du nez de la savoyarde "purée de bordel ça a l’air bon"
(par Hugues Delannoy)
Je me retrouve en cette fin de mois d’Août caniculaire avec Fred, remontant les pentes agréables de la Savoyarde, au départ du lac de la Tuile. La veille, Titi et Fred se sont acquittés d’une tâche très ingrate : défricher l’accès aux rappels, ce qui s’est traduit par une tranchée de quelques centaines de mètres dans les buis. Cette fois-ci, le pied de la Savoyarde est enfin atteint, il ne reste plus qu’à dessiner de belles longueurs sur un rocher non moins beau.
 Titi et Fred dans L3 fraîchement ouverte (ph H Delannoy)
Nous optons pour un profil intégral : après avoir remonté la mâchoire de madame, nous irons lui chatouiller le nez, puis nous remonterons le front jusqu’au sommet de la coiffe. La "peau" est certes un peu ridée en bas, la Savoyarde n’est pas toute jeune.
 Bruno n’en croit pas ses yeux dans le 5+ de L2 !
La première longueur se déroule sur un calcaire en strate, qui procure une escalade ludique, après un léger "pilling" de l’ensemble. La deuxième longueur est du même style, conciliant une raideur appréciable avec un niveau très abordable de 5+.
Le perfo ayant subitement raison de l’équipeur par manque de percussion, et l’assureur étant en train de sécher littéralement au soleil par plus de 45°C, la retraite est décidée.
Je remonte les cordes fixes en place, laissant à Fred le temps de faire les cents pas sur la vire. Lorsqu’il me rejoint plus haut, c’est passablement excité qu’il m’exhibe une sangle rouge aux initiales "FR". Fab était bien passé par là, et on ne sait toujours pas comment !
 Fanny va se mettre au Base Jump pour attérir au carrefour de Montmélian ! (ph Gaël Bd Chaux)
Un mois plus tard, nous revenons à l’attaque avec Thierry Veyrat, à l’observer, nous comprenons que l’approche n’est pas banale, procurant déjà de bonnes sensations ! Nous reprenons notre avancée et le plaisir continue : un rocher de rêve, varié, raide et pas dur (5+) ! Deux pas en A0 nous hissent sous le nez de madame, et nous en profitons pour lui coller en percing deux superbes goujons, rutilants, en guise de relais. De là, l’assureur aura tout le loisir de contempler , sous les gros toits, le carrefour de Montmélian quelques 700 mètres plus bas.
Le voyage continue : la voie, par une traversée ascendante à droite, rejoint au centre de la face le mur le plus raide, à l’aplomb du toit le plus prononcé. Ambiance garantie au relais !
 Hugues à l’ouverture de l’époustouflante L6 ! (ph F Bermano)
Raide, mais pas extrême (6a+), le mur se négocie par une succession de bonnes réglettes. A l’ouverture, c’est un enchantement, en témoignera le chant que m’occasionnera un plomb de 10 mètres... Le pilling n’était pas tout à fait terminé ! Fred qualifiera l’exercice vocal par un autre nom, mais là, c’est sa version contre la mienne !
 Fanny dans la superbe L2 (Ph Gaël B.d. Chaux)
Un hiver passe, puis le perfo sort de son hibernation pour la dernière longueur. Gaël Bouquet des Chaux est de la partie cette fois-ci et participe aux dernières reconnaissances pour tracer cette ultime longueur. Mais surtout, alors qu’il a un projet non loin de là (dans un prochain article sur l’exemplaire coopération CAF - FFME !), toujours à l’affût d’un plan original, il nous déniche un accès encore plus fort en sensation : avant d’atteindre le pied de la voie, il faudra passer par un rappel en fil d’araignée de 45m...
 Sommet du vaisseau amiral la Savoyarde (Ph Gaël BdC)
Et voilà, la voie est quasi terminée et nous invitons quelques premiers et privilégiés ( !) répétiteurs à nous donner leur avis... Après quelques casses de prises et sensations fortes dans les traversées, ces premières répétitions nous incitent à peaufiner l’ensemble (les réactions très diverses sont mises en post’ après l’article). Nous passons ainsi encore trois journées à brosser, tester les prises, couper la végétation, et rajouter quelques goujons... Pierre Plaze qui est également de la partie, n’hésite pas à vouloir raser Chignin de la carte en purgeant quelques gros blocs...
 Une approche bucolique ! (Ph Gaël BdC)
L’ouverture de cette voie a été un enchantement, et les raisons de ce bonheur sont nombreuses ! D’abord, nous avons ouvert une voie sur un sommet emblématique de Savoie, et vierge de tout itinéraire (et oui, la Savoyarde était encore vierge !). Ensuite, ce sommet placé au carrefour de la combe de Savoie et du Grésivaudan offre un superbe point de vue sur les Belledonnes, la Chartreuse et les Bauges, l’escalade y est très belle, sans être très difficile, enfin, c’est toute une bande d’amis qui a donné un coup de main, avec une pensée pour Fab’.
La voie est 6a obligatoire, la cotation n’est pas "tassée" afin de ne pas surprendre les répétiteurs... une fois au pied de la voie, il faut sortir par le haut ! mais consultez la rubrique TOPO pour toutes les infos pratiques.
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